C'est un coup de chapeau que donnons aux inventeurs du système des bulles. Plus fort que Madoff, les bulleux ont véritablement inventé un système d'économie parallèle,
qui va sans doute résoudre la crise financière.
Mais pourquoi Sarkozy n'y a pas pensé plus tôt ?
Les bulleux ont inventé le prêt virtuel. Une de mes amies en a bénéficié.
Attention, ne pas confondre avec la case cœur, qui n'existe plus depuis belle lurette, faut vous tenir un peu au courant. La case cœur était une belle idée, pleine de générosité, mais les bulleux
ont réalisé un peu tard qu'elle leur attirait un tas de profiteurs, et surtout qu'elle n'amenait pas d'argent frais dans les roues. Mince alors ! Celui qui entre en case cœur n'apporte pas
d'argent alors ? Ben non, il doit seulement amener du monde.
Voilà qui ne faisait pas l'affaire des bleus qui étaient là pour palper les
biftons,
faut pas l'oublier.
Exit donc la case cœur depuis l'invention du booster.
Mais les prêts virtuels continuent. Tu n'as pas d'argent pour entrer dans la roue ? Qu'à cela ne tienne, le bleu t'avance virtuellement la mise. Ou comment prêter de l'argent qu'on n'a pas encore (pour mémoire, c'est exactement la définition du système pyramidal : on paye les intérêts avec l'argent des futurs arrivants).Tu rembourseras le prêt virtuel en espèces sonnantes et trébuchantes quand tu seras toi-même devenu bleu, autant dire... à la Saint-Glinglin.
J'ai donc voulu tester l'efficacité de la méthode. C'est vrai ça, si le prêt
virtuel fonctionne chez les Bisounours, pourquoi ne marcherait-il pas ailleurs ? Mon vieux tacot
étant un peu fatigué, je me suis donc rendu chez un concessionnaire de voitures pour acheter le bolide de mes rêves.
Au moment de signer le bon de commande, le vendeur me demande si je paye cash ou avec un crédit. Je réponds donc que je bénéficie d'un prêt virtuel, et
que je vais donc tout de suite lui faire un chèque d'acompte virtuel pour confirmer ma commande. Le vendeur qui avait de l'humour, me dit "Pas de problème, nous vous livrerons donc une voiture
virtuelle, et celle-là, elle ne pollue pas du tout puisqu'elle fonctionne à l'essence virtuelle.
Et en moins de temps qu'il
ne faut pour l'écrire, je me retrouvais dehors, les 4 fers en l'air. Faut dire que j'avais bien passé une heure dans la concession à caresser les sièges en cuir et à admirer mon reflet dans la
carrosserie, avant d'hésiter longuement sur la couleur, et de questionner abondamment sur la tenue de route du carrosse.
Bon, là ça n'a pas marché, mais je vais tenter à nouveau l'expérience : des fois que mon propriétaire soit un bulleux, je vais lui proposer de payer le loyer virtuellement.
Finis les petits schémas de bulles faits artisanalement sur un coin de table. Et la prise
de tête des grands bleus, dont il faut bien le dire, le gain mirobolant a un peu tourné la tête justement, pour "gérer" leur bulle. Les pseudos d'un côté, sur le schéma, les téléphones de l'autre
dans le calepin, les demi-cases, et maintenant les quarts de cases... ils avaient bien du mal à s'y retrouver pour savoir qui est qui, et s'emmêlaient parfois les pinceaux, surtout quand il
fallait changer des gens de place dans ce jeu subtil, où les règles changent sans arrêt selon le bon vouloir des coordinateurs.
